Formations de l’ADMA : comment trois apprenants s’emparent des enseignements dans leur quotidien

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Résumé

Que retient-on d’une formation sur les mobilités actives, une fois de retour sur le terrain ? Trois apprenants partagent leurs expériences sur l’apport des formations de l’ADMA.

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Thomas Berthet est chargé de mission mobilités à la Communauté de Communes du Volvestre, en Haute-Garonne. Géographe-urbaniste spécialisé en transports, il a exercé quinze ans en bureaux d’études, six ans dans une association de services vélo, puis en collectivité. Il a suivi deux formations de l’ADMA, sur les services vélo en zones peu denses et sur la marche. Son territoire est périurbain et rural et les moyens dédiés au développement des mobilités actives sont limités. Il le dit sans détour : « La théorie, je la connais plutôt bien. Ce que je cherche, ce sont des solutions abordables et transposables à mon territoire. »

Giuseppe Bellomonte est ingénieur chez Thales. Le vélo est une passion devenue, depuis 2020, un mode de déplacement quotidien. Il est référent vélo sur son site de travail et membre de l’antenne de Montrouge de l’association Mieux se déplacer à bicyclette (MDB). Il a découvert l’ADMA en 2021 et suivi une dizaine de formations depuis : plaidoyer, aménagement cyclable, cohabitation piéton-cycliste, mobilités rurales, etc. Il suit ces formations sur son temps personnel : « Ce n’est pas mon métier. Quand une formation est en présentiel sur la journée, je pose des congés pour la suivre. »

Ancien journaliste, Ulysse Osmont s’est, lui, reconverti dans les mobilités actives avec une idée en tête : décarboner les déplacements, mais aussi les rendre moins coûteux pour les habitant·es. Il a misé sur la formation pour se constituer une légitimité et accéder à un poste. Grâce à la gratuité des modules de l’ADMA pour les apprenant·es, il a pu enchaîner cinq sessions, des mobilités rurales à l’aménagement des voiries, en passant par le plaidoyer : « Sans la gratuité, je n’aurais jamais pu suivre autant de formations d’un tel niveau. Cela m’a permis d’aller beaucoup plus loin. »

Une expertise jugée solide

Tous trois saluent d’abord le sérieux des contenus. « J’apprécie les formations de l’ADMA, par rapport à d’autres, parce qu’elles sont solides au niveau des apports théoriques. Et elles se fondentsur des exemples de terrain qui appuient le propos et sont reproductibles sur d’autres territoires », souligne Thomas Berthet.

Ulysse Osmont insiste sur la méthode. Les sessions sont vivantes et peu descendantes. Surtout, elles partent de l’usage réel : « On part de l’expérience des cyclistes pour faire les préconisations. » Il cite également un atelier lors duquel est intervenu un expert du service vélo de la Ville de Paris. Ce dernier était venu avec de grands plans urbains et trois commandes différentes d’élu. Pour chacune, les participant·es devaient concevoir des propositions d’aménagement : « À Paris, par exemple, il y a une contrainte d’accès négociée avec les pompiers qui ne se retrouve pas forcément ailleurs. À chaque fois, on apprenait moins une solution toute faite qu’une manière de l’adapter à son contexte », explique-t-il. 

« Citer l’ADMA me fait gagner en crédibilité auprès de mes interlocuteurs », observe Giuseppe Bellomonte. Pour Ulysse Osmont, le label a pesé dans son recrutement : « Il n’existe pas vraiment de formation universitaire sur le sujet. Les gens du métier connaissent l’ADMA. C’était un plus pour mon CV. »

Des acquis remobilisés sur le terrain

Les formations débouchent sur des réalisations concrètes. À la communauté de communes du Pays de Chantonnais, en Vendée, où Ulysse Osmont a travaillé comme chargé de mission mobilités durables, ce dernier a rédigé deux cahiers des charges d’appels d’offres : l’un pour une voie verte, l’autre pour la signalétique du réseau vélo. « Pour la voie verte, j’ai inscrit des critères que je n’aurais jamais mis sans ces formations. »

Giuseppe Bellomonte a réinvesti les enseignements pour sa commune. « Grâce à une formation, j’ai préparé l’esquisse d’un petit rond-point hollandais à Montrouge. Je veux la présenter à la municipalité avec l’association. » Il a aussi acquis un socle technique qui lui permet de dialoguer d’égal à égal avec les services techniques de sa commune : « C’est important d’avoir les connaissances pour pouvoir échanger. »

Thomas Berthet, lui, a repris une idée découverte en formation. Il y avait appris l’existence, dans une intercommunalité de Saône-et-Loire, d’une carte des itinéraires vélo recommandés : des parcours identifiant les routes les plus calmes, avec un code couleur signalant leur niveau de confort : « Ça permet de rendre praticable à vélo un territoire qui l’est peu au départ. » Il a décliné le principe sur volvestre.fr, sous la forme de cartes accessibles en ligne et distribuées en version papier dans les mairies.

Un appui pour les petits territoires et les reconversions

Au-delà des projets, les formations nourrissent le dialogue avec les élu·es et les équipes. Thomas Berthet y puise des idées à proposer aux communes du territoire : plans de circulation, modération des vitesses, zones de rencontre, végétalisation. Des leviers que des petites communes « ne savent pas toujours mettre en œuvre, et auxquels elles ne pensent pas forcément ».

Il en tire un constat. Plus une collectivité est petite et ses agent·es polyvalent·es, plus elle a besoin de ces formations : « Dans les grandes collectivités, il y a toujours quelqu’un de compétent sur ces sujets, et des moyens considérables. » 

Les apprentissages circulent enfin d’une casquette à l’autre. Ulysse Osmont s’est également appuyé sur la formation au plaidoyer pour aider La Véloterie, l’association vélo dans laquelle il est investi à Cahors, à porter ses demandes lors des élections municipales. Giuseppe Bellomonte en fait autant chez Thales. En tant que référent vélo de son entreprise, il puise dans les ressources de l’ADMA pour défendre le développement de la pratique du vélo auprès de la direction. La fiche sur le forfait mobilité durable de l’ADMA lui a ainsi notamment servi d’appui pour porter le sujet.

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